Virtues Last Reward Titre

Par où commencer pour donner mon avis sur ce jeu… déjà il est important de spécifier que Zero Escape : Virtue’s Last Reward  est la suite directe de ‘999: Nine Hours, Nine Persons, Nine Doors’ sur Nintendo DS et je vous conseille de jouer à ce dernier car les deux œuvres sont liées et des clins d’œil sont fait à cet épisode DS.

Ensuite je pourrais dire que c’est tout simplement l’un des meilleurs visuals novels que j’ai pu tester à ce jour, vous savez ces jeux essentiellement japonais qui consistent à faire des choix au gré des dialogues ce qui conduit à des fins alternatives. On appelle ça les jeux narratifs par chez nous avec Life is Strange, Wolf Among Us etc… Celui-ci a réussi à me tenir en haleine jusqu’au bout pour obtenir la fin de l’histoire passionnante que l’on nous propose.

Je vais essayer de vous présenter correctement ce jeu et vous expliquer pourquoi il m’a plu, bien sûr c’est essentiellement par son scénario qu’il m’a impressionné mais je vous laisse découvrir seuls cette partie du jeu pour ne pas gâcher la surprise!

De la 2D à la 3D

Comme la plupart des visual novels, le jeu est présenté à la première personne, que ce soit quand on parle aux personnages ou pendant les déplacements et les énigmes. Cela permet au joueur de s’identifier au héros du jeu à savoir : Sigma.

Les décors sont globalement ternes et plutôt simples, certaines mauvaises langues diront que les décors sont vides mais cela peut être expliqué par l’ambiance même du jeu, ils sont captifs dans un bâtiment plutôt scientifique, on ne s’attend pas à voir des rideaux un peu partout et des jolis éléments de décor en fouillis. Après je mentirais si je disais que je trouve le jeu magnifique, à vous de vous faire une idée mais dans l’ensemble c’est loin d’être hideux.

Le jeu a abandonné les sprites 2D du premier épisode pour les personnages au profit d’une modélisation 3D, la encore ce n’est pas magnifique mais on reconnait sans problème les différentes émotions des personnages, cela permet également de voir leur mimique en tant réel, ce que ne permet pas une succession d’images fixes, encore une fois à vous de voir, mais la réalisation est honnête.

Le plus frustrant doit être le temps passé à regarder des portes s’ouvrir et des couloirs qui ne sont que des images fixes avec une porte animée, j’y reviendrais un peu plus tard…

Seek a way out!

Le jeu (et plus particulièrement les passages d’énigmes) tourne autour de quatre simples mots: Seek a way out ! La jouabilité est globalement le même que dans la plupart des jeux d’énigme type point and click, vous êtes dans une salle prédéfinie par vos choix lors de la phase de narration, avec un thème précis et vous devez combiner, interagir et résoudre des énigmes pour obtenir un code qui ouvrira un coffre.

Cependant vous n’êtes pas lancé sans fonctionnalités pour vous aider, bien sur que non, en plus de l’inventaire, vous pouvez consulter un dossier contenant toutes les informations que votre personnage a accumulé depuis le début, que ce soit des fichiers secrets débloqués dans ces fameuses salles, des posters arrachés aux murs ou des instructions « tutoriel ».

Les fameux codes à récupérer

Sachez que le jeu zoome systématiquement vers les points d’intérêt de la salle (pour ne pas vous perdre en « cliquant » partout) quand vous appuyez dessus. Vous pouvez aussi à tout moment consulter les codes de coffres déjà récupérés (mais attention, ces derniers sont générés à chaque nouvelle partie, empêchant le joueur de tricher sur le net, dès l’entrée de la salle par exemple).

Pour ce qui est des énigmes, elles reposent énormément, et de façon intéressante, sur des théories et des expériences scientifiques tel le chat de Schrödinger. Il est plus simple d’avoir quelques notions scientifiques en jouant à ce jeu mais je vous rassure, un papier trainera toujours pour vous apprendre ce que vous ne savez pas, comme la mesure PH par exemple. Au final après quelques salles on se rend compte d’une chose : Chaque élément des salles est important, et ce même si il n’est pas utilisé pour l’énigme à proprement parler, il aura son importance durant le scénario, quelle qu’en soit la manière. Il faut donc éviter d’effectuer ces phases machinalement et au contraire être attentif à celles-ci.

Il faudra combiner et faire interagir des objets avec le décor pour résoudre les énigmes

Enfin, il est important de préciser que vous n’êtes jamais seul mais accompagné de deux autres personnes (ou au moins une vers la fin des scénarios) durant les phases « d’escape », ces personnes vous aiguillent vers la solution grâce à des remarques plus ou moins intéressante à chaque objet trouvé ou examiné (j’ai pour ma part beaucoup rigolé pour le poster dans les « crew quarter »). Chaque énigme permet donc aux membres du groupe de faire connaissance même si la plupart se contenteront de quelques vannes à l’intention de ce pauvre Sigma.

Ces phases sont importantes car c’est la que les caractères et les histoires des personnages vont se dévoiler petit à petit, vous allez commencer à vous attacher à certains d’entre eux et la chute n’en sera que plus rude encore… mais j’y reviendrais un peu plus loin!

Les personnages vous aideront pendant les énigmes

Pour finir vous pouvez remonter en arrière dans les dialogues au cas ou vous auriez oublié une de leur réplique ou que vous avez passé trop vite. En conclusion, on sent que le jeu a été étudié pour permettre au joueur de résoudre les énigmes de la façon la moins pénible possible, tout est intelligent et pratique. Même si une feuille de papier et un crayon ne sont pas de trop pour certaines parties… A noter que vous avez deux « pages » de notes libres ou vous pouvez marquer ce que vous voulez en permanence. Et pour ceux qui n’excellent pas dans la réflexion ne vous inquiétez pas, un mode Easy a été intégré, réduisant les récompenses mais permettant dans le même temps d’avoir plus d’aide de la part de nos compagnons pour venir à bout des problèmes.

Enfin, car je dois en trouver un, le gros point noir du jeu : les « chargements », ils sont plutôt omniprésent mais je vous rassure ils ne sont pas sous la forme d’un loading dégueulasse, ils ont été maquillés. La première fois que j’ai vu ce type de technique c’était sur Jak 2 il me semble, ou les chargements étaient masqués par une ouverture de porte.

Ici c’est la même chose à la différence que cela a été parfaitement voulu pour retranscrire l’ambiance du jeu et montrer que les déplacements prennent du temps et ne sont pas instantanés, le temps étant un des principaux ennemis des personnages. Le fait est cependant que l’on passe le ¼ du temps à avoir des plans de portes qui s’ouvrent et des images de cartes avec un point lumineux qui se déplace.. (J’exagère un peu) J’en veux pour preuve qu’en montrant le jeu à un ami il m’a fait la remarque « en fait tu passe ton temps à bouger dans des couloirs ».

Et la partie visual novel alors?

Comme son nom l’indique, un visual-novel est un roman interactif, vous allez devoir faire des choix et lire les résultats, vous êtes spectateur d’une histoire et acteur mais qu’a des moments bien précis.

Virtue’s Last Reward met donc le joueur dans la peau de Sigma, un étudiant sans histoires qui se fait enlever. Il se réveille alors dans un complexe en compagnie de huit autres personnes. On apprend plus tard que ces personnes ont été également enlevées pour participer au Nonary Game qui leur permettra de s’enfuir avec ou sans leur camarades d’infortune. C’est un jeu mortel (un peu à la Saw) dont les règles leur sont expliquées par une Intelligence Artificielle , aussi étrange et drôle qu’il peut être insupportable, à la forme de lapin: Zero junior.

Discuter avec les personnages sera votre principale activité

Chacun possède un bracelet impossible à enlever avec un chiffre marqué dessus, 3 au départ, et des aiguilles remplies d’un poison pointées vers la peau des prisonniers. La règle est simple, le premier à obtenir 9 point peut ouvrir la porte numéro 9 qui permet de regagner la surface, seuls ceux qui auront également le nombre requis de point pourront le suivre, la porte reste ouverte 9 secondes puis se referme à jamais condamnant les autres participants à une mort certaine dans le complexe.

C’est le début d’un long cauchemar

Le gain de point se fait grâce à un système de vote ou l’on choisis de faire confiance ou de trahir le membre de notre équipe qui s’oppose à nous (j’avais dit qu’il y a 3 personnes par salle, une paire de même couleur et un solo de couleur égale ou différente selon le moment du jeu) sachant qu’une paire partage le même destin et donc le même nombre de point.

Le jeu joue ainsi sur la psychologie des personnages et il est parfois déchirant de voir qu’un des personnages nous a trahi alors qu’il avait gagné notre confiance jusque la. Si les deux partis s’allient, chacun gagne 2 points, si les deux se trahissent il ne se passe rien et s’il y a une trahison seule, celui qui trahit gagne 3 point, et la victime en perd 2. Si on passe sous le seuil de 0 point, les aiguilles s’enclenchent et on meurt à cause du poison.

A cela vont s’ajouter bien évidemment des meurtres mystérieux attisant la suspicion entre les membres du groupe, l’apparition d’un virus mortel, des bombes d’antimatière à désamorcer et de nombreux autres mystères à résoudre. On se rend rapidement compte que ces personnages ne sont pas n’importe qui et que leur présence ici n’a rien d’un hasard, au fil de l’aventure chaque personnage va s’épaissir petit à petit, des doutes seront levés, d’autres vont s’accentuer. C’est bien ici la force de Virtue’s Last Reward qui nous pousse à nous investir dans ces relations particulières, la confiance tiens sur le fil d’un rasoir et au moment du vote ce sera à vous de peser le pour et le contre et d’en assumer les conséquences.

Sigma est quelqu’un de droit et honnête, à moins d’être un salaud dans l’âme vous n’aurez aucun mal à être d’accord avec ses réflexions concernant les autres protagonistes, qui reviendra la plupart du temps à choisir « ally », ainsi lorsque l’on choisis « betray » cela est en contradiction avec ce que Sigma comptait faire aussi cela est justifié par ce qui fait de nous des humains : la peur pour sa propre vie, la panique etc.. Chaque scénario fini soit sur un game over soit sur une révélation et une conclusion sur un personnage en particulier mais qui n’est jamais profitable à Sigma, cela nous obligera donc à revenir sur nos choix pour essayer d’influer le « destin ».

C’est alors que le jeu prends tout son sens, jusqu’alors une lecture sympathique, il devient un récit remplit de suspens et d’intelligence. Le scénario expliquera morceau par morceau cette capacité qu’a Sigma de garder certains souvenirs des événements vécus dans d’autres univers « possibles ». Ainsi à chaque choix et scénario développé, de nouvelles révélations nourrissent l’histoire et amènent leurs lot de mystère mais je n’en dirais pas plus.

Ce choix affreux qui va vous faire hésiter plusieurs secondes devant votre console…
Tant de possibilités… l’histoire ne prendra sens qu’une fois toutes les voies complétées

Conclusion :

Virtue’s Last Reward ne pourra pas être apprécié par tout le monde, après tout il tient plus d’un roman que d’un jeu, on lit une histoire du début à la fin, une histoire qui ne peut exister qu’en utilisant le jeu vidéo comme support.

Ce jeu de Kōtarō Uchikoshi est un chef d’œuvre, de ceux qui ne s’adressent qu’à un public réduit comme un tableau qui n’éveillera des émotions que chez certaines personnes. En finissant ce jeu il nous reste un sentiment de manque, on aimerait poursuivre l’aventure avec les personnages tellement l’auteur a réussit à les rendre vivants et attachants.

Virtue’s Last Reward n’est pas qu’un divertissement, il amène aussi à réfléchir, c’est aussi en cela qu’il est intéressant à l’heure où les jeux ne jurent que par les graphismes et les performances. On ressent dans sa construction qu’il a été crée dans une ligne directrice qui n’a jamais dévié pour raconter quelque chose au delà du jeu lui-même. Le jeu a des défauts flagrants comme sa répétitivité extrême, il faudra passer outre les défauts inhérents au genre pour constater que ce jeu est un des meilleurs de sa catégorie.

Points Positifs:

  • Un scénario original qui donne envie de tout savoir.
  • Des personnages attachants.
  • Amène à réfléchir.
  • Des casses-têtes efficaces.

Points Négatifs:

  • Uniquement en Anglais!
  • Les graphismes un peu grossiers.
  • Beaucoup de temps de chargement.
  • Impossible de passer les séquences déjà vues.